Instabilité ou capacité d'adaptation?

🌳 Changer souvent de métier : instabilité ou capacité d’adaptation ?
« Tu changes encore de métier ? »
Pour certaines personnes, cette phrase est devenue presque une condamnation.
Elles l'ont entendue tellement souvent qu'elles finissent par l'intérioriser :
« Tu ne sais pas ce que tu veux. »
« Tu ne tiens jamais en place. »
« Il faudrait que tu te poses. »
« Tu abandonnes trop vite. »
« Avec un CV comme ça, personne ne voudra de toi. »
Alors elles commencent à regarder leur propre parcours avec méfiance.
Chaque changement devient une preuve d'instabilité.
Chaque période courte devient quelque chose à justifier.
Chaque reconversion devient une nouvelle ligne qu'il faudrait expliquer.
Et si nous changions de regard sur les parcours professionnels non linéaires ?
🌳 Un parcours professionnel n'est pas une ligne droite
Nous avons longtemps imaginé la carrière idéale comme une trajectoire relativement simple :
🎓 une formation ;
➡️ un premier emploi ;
📈 une progression ;
🏢 une évolution ;
🏆 éventuellement une responsabilité ;
➡️ puis la retraite.
Mais nos parcours réels ressemblent rarement à cela.
Une reconversion.
Un licenciement.
Une période de chômage.
Une création d'entreprise.
Un changement de secteur.
Une formation.
Un métier que l'on quitte.
Un autre que l'on découvre.
Une pause.
Un retour.
Un nouveau départ.
La vie professionnelle est traversée par des événements personnels, économiques, familiaux, sociaux et parfois de santé qui rendent les trajectoires beaucoup moins prévisibles qu'on ne voudrait le croire.
Et parfois, le détour n'est pas un échec de trajectoire.
C'est simplement la trajectoire.
🧭 Mon expérience dans l'accompagnement du retour à l'emploi
Cette question me tient particulièrement à cœur parce qu'avant d'accompagner aujourd'hui les personnes dans une approche psycho-corporelle et autour des neuro-atypies, j'ai travaillé pendant 7 ans dans l'accompagnement vers et dans le retour à l'emploi.
J'ai accompagné des personnes avec des parcours très différents.
Des personnes éloignées de l'emploi.
Des personnes en reconversion.
Des personnes qui avaient perdu confiance.
Des personnes qui ne savaient plus comment présenter leur parcours.
Des personnes avec des expériences multiples.
Des personnes qui avaient beaucoup de compétences mais ne savaient plus comment les raconter.
Et une chose est devenue évidente pour moi :
Je n'ai jamais cru qu'un joli CV suffisait à ramener durablement quelqu'un vers l'emploi.
Sinon, avec Canva, cela ferait longtemps que nous aurions réglé le problème du chômage en France. 😉
Un CV peut être très beau.
Très lisible.
Très bien structuré.
Très bien optimisé.
Il peut même décrocher un entretien.
Mais il ne répond pas à toutes les questions.
Est-ce que le projet professionnel est réaliste ?
Est-ce que le métier visé correspond réellement à la personne ?
Est-ce que ses compétences sont transférables ?
Est-ce que l'environnement de travail lui convient ?
Est-ce que le marché recrute ?
Est-ce que les contraintes personnelles sont compatibles avec le poste ?
Est-ce que la personne sait ce dont elle a besoin pour tenir dans la durée ?
Est-ce que le poste proposé est réellement soutenable ?
Et surtout :
Est-ce que l'emploi trouvé pourra devenir un emploi durable ?
📄 Le CV raconte ce que vous avez fait. Pas forcément pourquoi.
Un CV est précieux.
Il permet de rendre visibles des expériences, des compétences, des réalisations.
France Travail propose d'ailleurs aujourd'hui de créer plusieurs CV ciblés à partir d'un profil de compétences et d'ajouter des réalisations permettant d'illustrer les compétences présentées.
Mais un CV reste une représentation condensée d'un parcours.
Il ne raconte pas toujours :
Pourquoi avez-vous quitté ce poste ?
Qu'est-ce qui vous épuisait ?
Qu'est-ce qui vous stimulait ?
Dans quel environnement étiez-vous performant ?
Quelles conditions vous permettaient de donner le meilleur de vous-même ?
Qu'est-ce qui vous faisait perdre pied ?
Qu'avez-vous appris sur vous ?
Et surtout :
qu'est-ce que vous cherchez aujourd'hui ?
C'est là que l'accompagnement professionnel prend tout son sens.
Parce que parfois, le problème n'est pas de rendre le CV plus joli.
Le problème est que le projet derrière le CV n'est pas encore suffisamment clair ou cohérent.
🔥 Une image me revient souvent : le sanglier
Imaginez un sanglier qui vit tranquillement dans une forêt.
🌲 Il y trouve de quoi se nourrir.
Il connaît son environnement.
Il a ses habitudes.
Tout fonctionne.
Puis un jour…
🔥 la forêt prend feu.
Que fait-il ?
Il part.
Il cherche un autre endroit.
Un autre environnement.
De quoi se nourrir.
De quoi vivre.
Est-ce que nous le qualifierions d'« instable » ?
Probablement pas.
Nous dirions :
« Il s'adapte à son environnement. »
Alors pourquoi jugeons-nous parfois aussi sévèrement les humains qui font la même chose ?
🌱 Changer peut avoir du sens
Changer de métier peut être lié à énormément de choses.
Une envie d'apprendre.
Une quête de sens.
Un besoin de stimulation.
Une évolution personnelle.
Un changement de valeurs.
Un environnement devenu inadapté.
Une surcharge.
Un management qui ne convient plus.
Une envie d'autonomie.
Une reconversion.
Une contrainte familiale.
Une découverte de soi.
Une opportunité.
Ou simplement la prise de conscience que :
« Ce métier me convenait à 25 ans, mais il ne me convient plus aujourd'hui. »
Et c'est peut-être l'une des choses que nous oublions le plus souvent :
Nous évoluons.
Le métier que nous voulions à 20 ans n'est pas nécessairement celui que nous voulons à 35.
Et celui que nous voulons à 35 n'est pas nécessairement celui que nous voudrons à 50.
Changer d'avis n'est pas toujours manquer de cohérence.
Parfois, c'est mettre à jour sa connaissance de soi.
🧠 Et lorsque la neuroatypie entre dans l'équation ?
Chez certaines personnes neuro-atypiques, le rapport au travail peut être particulièrement sensible à l'environnement.
La stimulation.
La variété des tâches.
Le niveau de contrôle.
L'autonomie.
Les interactions sociales.
Les sollicitations sensorielles.
La prévisibilité.
La possibilité de bouger.
La charge cognitive.
Le sens donné au travail.
Le management.
Tous ces éléments peuvent modifier profondément l'expérience professionnelle.
Chez les adultes TDAH, par exemple, certaines difficultés attentionnelles, exécutives ou liées à l'impulsivité peuvent avoir des répercussions sur le fonctionnement professionnel. La littérature montre également que le soutien au travail et les interventions adaptées restent encore insuffisamment étudiés.
Et les recherches récentes sur l'emploi des personnes neurodivergentes mettent de plus en plus en évidence l'importance de l'environnement : management soutenant, flexibilité, aménagements adaptés et outils d'assistance peuvent devenir de véritables facteurs facilitants.
Cela change complètement la question.
On ne cherche plus seulement :
« Qu'est-ce qui ne va pas chez cette personne ? »
Mais aussi :
« Dans quel environnement cette personne peut-elle fonctionner au mieux ? »
🧩 Une compétence peut être présente… mais inaccessible dans certaines conditions
C'est une nuance que je trouve essentielle.
Une personne peut être parfaitement compétente…
et pourtant avoir de grandes difficultés dans un environnement précis.
Prenons deux situations.
Une personne TDAH peut être extrêmement performante dans un métier où :
⚡ les journées sont variées ;
🎯 les objectifs sont concrets ;
🚀 les tâches sont stimulantes ;
🧠 il y a de la résolution de problèmes ;
🤝 les interactions sont fréquentes.
Et rencontrer beaucoup plus de difficultés dans un poste où :
📄 les tâches sont répétitives ;
⏳ les délais sont très longs ;
🔇 l'environnement est peu stimulant ;
🪑 il faut rester assis plusieurs heures ;
📋 les consignes sont très administratives.
Cela ne signifie pas qu'elle est « bonne » dans un métier et « mauvaise » dans l'autre.
Cela signifie que l'environnement sollicite différemment ses ressources.
C'est une distinction fondamentale lorsqu'on réfléchit à l'orientation ou à la reconversion.
🌳 Et ceux qui restent ?
L'autre image qui me vient est celle de l'arbre.
Un arbre ne peut pas quitter sa forêt.
Il reste.
Alors il s'adapte à son environnement.
Il développe ses racines.
Il cherche la lumière.
Il résiste aux saisons.
Il peut perdre des branches.
Il peut être taillé.
Et pourtant…
il continue à pousser autrement.
Il n'a pas plus « raison » que le sanglier.
Il dispose simplement d'autres possibilités d'adaptation.
Et cela me semble être une belle métaphore de nos parcours.
Certains partent.
Certains transforment leur environnement.
Certains restent et changent leur manière de fonctionner.
Certains demandent des aménagements.
Certains changent d'équipe.
Certains se forment.
Certains créent leur propre activité.
Certains prennent une pause.
Il n'existe pas une seule bonne manière d'évoluer professionnellement.
🧭 La vraie question n'est peut-être pas « combien de métiers ? »
Lorsque j'accompagne quelqu'un qui se décrit comme « instable », j'aime déplacer la question.
Pas :
« Pourquoi ne tenez-vous jamais en place ? »
Mais :
« Qu'est-ce qui vous fait partir ? »
Et surtout :
« Qu'est-ce que vous cherchez lorsque vous partez ? »
Du sens ?
De la stimulation ?
De l'autonomie ?
De la reconnaissance ?
Du calme ?
De la nouveauté ?
Un environnement plus humain ?
Davantage de liberté ?
Une meilleure conciliation avec votre vie personnelle ?
Une cohérence avec vos valeurs ?
Ces réponses racontent souvent beaucoup plus de choses qu'une simple liste de métiers sur un CV.
🔎 Et parfois, le problème n'est pas le métier
C'est une autre distinction importante.
Une personne peut quitter successivement plusieurs postes en pensant :
« Ce métier n'est pas pour moi. »
Alors qu'en réalité, ce sont peut-être les conditions d'exercice qui posent problème.
Le métier peut être intéressant…
mais :
le management est toxique ;
les horaires sont incompatibles avec son rythme ;
l'environnement sensoriel est épuisant ;
la charge est excessive ;
l'autonomie est insuffisante ;
les valeurs de l'organisation sont en contradiction avec les siennes ;
les interactions sociales sont trop nombreuses ;
ou, au contraire, l'isolement est trop important.
Changer de métier ne résout pas nécessairement un problème qui vient de l'environnement de travail.
Et inversement :
changer simplement d'environnement peut parfois suffire à transformer radicalement l'expérience professionnelle.
⚠️ Attention à ne pas romantiser tous les changements
Parce qu'il serait tout aussi réducteur de transformer chaque parcours non linéaire en preuve de liberté, d'intelligence ou de neuroatypie.
Changer souvent de voie peut parfois être lié à :
une difficulté à tolérer la frustration ;
une impulsivité ;
une peur de l'engagement ;
une fuite ;
une difficulté à identifier ses besoins ;
une recherche permanente de nouveauté ;
un manque de préparation du projet ;
ou simplement un contexte de vie qui rend la stabilité difficile.
Et parfois…
on part trop vite.
C'est aussi quelque chose qu'il faut pouvoir regarder sans jugement.
Comprendre n'est pas justifier.
Comprendre permet de mieux choisir la prochaine étape.
🧭 La notion de « capacité d'adaptation »
En psychologie de l'orientation, la notion de career adaptability, ou capacité d'adaptation professionnelle, est justement intéressante.
Elle renvoie à la manière dont une personne peut mobiliser des ressources pour faire face aux transitions, aux changements et aux imprévus de sa vie professionnelle.
Il ne s'agit pas simplement d'être « flexible ».
Il s'agit notamment de pouvoir développer :
🔎 de la curiosité sur les possibilités ;
💪 un sentiment de contrôle et de capacité d'agir ;
🌱 de la confiance dans sa capacité à construire la suite ;
🧭 une forme de projection vers l'avenir.
Les travaux autour de cette notion montrent des associations avec différents indicateurs d'adaptation professionnelle, même si la littérature présente encore des limites méthodologiques et manque notamment de données longitudinales et de recherches spécifiques aux neurodéveloppements.
Et cette notion me parle beaucoup plus que celle d'« instabilité ».
Parce qu'elle ne demande pas :
« Est-ce que vous êtes capable de rester exactement au même endroit ? »
Elle demande :
« Êtes-vous capable de construire votre chemin lorsque le contexte change ? »
💼 Le retour à l'emploi ne consiste pas seulement à retrouver « un poste »
C'est également ce que mes années d'accompagnement vers l'emploi m'ont appris.
Retrouver un emploi est une chose.
Retrouver un emploi dans lequel on peut tenir dans la durée en est une autre.
On peut être très efficace pour aider quelqu'un à :
faire un CV,
répondre à une annonce,
préparer un entretien,
valoriser ses compétences.
Mais si derrière, la personne retourne dans un environnement totalement inadapté…
le problème risque simplement de se déplacer.
Le retour à l'emploi doit donc aussi interroger :
le projet, les compétences, le marché, les contraintes, l'environnement, les ressources et les conditions de maintien dans l'emploi.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les dispositifs d'accompagnement à l'emploi articulent eux-mêmes aujourd'hui plusieurs dimensions : compétences, projet professionnel, marché du travail, formation et accompagnement.
Un CV peut ouvrir une porte.
Il ne garantit pas que la pièce derrière cette porte vous conviendra.
🌿 Et si votre parcours racontait quelque chose ?
Votre CV ne raconte pas seulement ce que vous avez fait.
Il peut aussi raconter :
ce qui vous a nourri,
ce qui vous a épuisé,
ce que vous avez cherché,
ce que vous avez refusé,
les environnements dans lesquels vous avez progressé,
ceux dans lesquels vous vous êtes éteint,
les compétences que vous avez développées sans même les identifier,
et les besoins que vous comprenez aujourd'hui mieux qu'hier.
Alors peut-être que la question n'est pas :
« Pourquoi suis-je incapable de rester ? »
Mais :
« Qu'est-ce que mon parcours essaie de m'apprendre sur moi ? »
Et ensuite :
« Dans quel environnement est-ce que je peux enfin grandir ? »
🌱 Le CV peut alors raconter une histoire différente
Imaginez un CV qui ne serait plus seulement une succession de postes :
2015 : métier A
2018 : métier B
2020 : métier C
2023 : métier D
Mais une histoire de compétences :
« J'ai exploré plusieurs environnements et découvert que je suis particulièrement performante lorsque j'ai de l'autonomie, de la variété et une utilité concrète. »
Ou :
« Mes différentes expériences m'ont permis de développer une forte capacité d'adaptation, de coordination et de résolution de problèmes. »
Ou encore :
« Mes changements professionnels m'ont progressivement permis d'identifier les conditions dans lesquelles je peux m'investir durablement. »
Le CV ne change pas forcément.
Le regard porté sur le parcours, oui.
Et c'est parfois ce changement de regard qui permet enfin de parler de son expérience autrement.
🫶 Et si nous arrêtions de confondre stabilité et immobilité ?
Être stable ne signifie pas forcément rester au même endroit pendant vingt ans.
Et être mobile ne signifie pas forcément être instable.
On peut être stable dans ses valeurs.
Stable dans ses besoins fondamentaux.
Stable dans ses compétences.
Stable dans sa manière de prendre soin de soi.
Tout en changeant de métier.
Tout en évoluant.
Tout en expérimentant.
Tout en prenant des chemins inattendus.
La stabilité peut être intérieure alors que le parcours, lui, reste mobile.
Et peut-être que c'est cette distinction qui mérite d'être davantage entendue.
🌿 En résumé
Changer souvent de métier n'a pas une seule signification.
Cela peut être une fuite.
Une impulsivité.
Une difficulté d'adaptation.
Mais cela peut aussi être une recherche de sens, une capacité à identifier qu'un environnement ne convient plus, une évolution personnelle ou une volonté de construire un parcours davantage aligné avec ses besoins.
Chez les personnes neuroatypiques, la question de l'environnement professionnel mérite également une attention particulière : les recherches montrent que les conditions de travail, le soutien managérial, la flexibilité et les aménagements peuvent jouer un rôle important dans l'expérience professionnelle.
Alors avant de demander :
« Pourquoi changez-vous autant ? »
peut-être pouvons-nous demander :
« Qu'avez-vous appris de chacun de ces changements ? »
Et surtout :
« Quelles sont aujourd'hui les conditions dont vous avez besoin pour pouvoir vous investir durablement ? »
Parce qu'un parcours professionnel n'est pas seulement une succession de lignes sur un CV.
C'est aussi une histoire de rencontres, d'essais, d'erreurs, de besoins, d'apprentissages et d'adaptations.
Et parfois…
le détour était précisément le chemin qui permettait de mieux se connaître.
📚 Pour aller plus loin
Mark L. Savickas — Career Construction Theory and Practice
Les travaux de Mark Savickas autour de la construction de carrière proposent de considérer le parcours professionnel comme une construction évolutive, plutôt que comme la découverte d'un métier unique qui serait « fait pour nous ». Sa théorie de la career construction s'intéresse notamment à la manière dont les personnes donnent du sens à leurs expériences et construisent leur identité professionnelle.
Mark L. Savickas — Career Adaptability
La notion de career adaptability est particulièrement intéressante pour penser les transitions professionnelles : elle s'intéresse aux ressources permettant de faire face aux changements, aux transitions et aux incertitudes professionnelles.
Richard N. Bolles — What Color Is Your Parachute?
Un classique de l'orientation professionnelle qui invite notamment à mieux identifier ses compétences, ses intérêts, ses valeurs et les environnements professionnels susceptibles de nous convenir.
Robert D. Reardon, Janet G. Lenz et al. — Career Development and Planning
Pour approfondir la question de l'orientation, de la prise de décision professionnelle et de la construction d'un projet en lien avec les caractéristiques de la personne et son environnement.
🧠 Neuroatypies et travail : quelques références
Lauder, K., McDowall, A. & Tenenbaum, H. (2022). A systematic review of interventions to support adults with ADHD at work. Cette revue souligne notamment le manque encore important de recherches spécifiques sur les interventions permettant de soutenir les adultes TDAH dans leur environnement professionnel.
Systematic review of facilitators and barriers to employment of neurodivergent individuals (2025). Une revue de 56 études identifie notamment comme facteurs facilitants le soutien des managers, la flexibilité des modalités de travail et les technologies d'assistance, tandis que le manque de compréhension des neurodivergences peut constituer une barrière importante.
Research on autistic people's journeys to career success and fulfilment (2024). Des entretiens avec des adultes autistes montrent notamment que leurs carrières peuvent prendre des tournants inattendus et que la réussite professionnelle ne se résume pas à obtenir un emploi : l'épanouissement, le soutien des collègues et les aménagements jouent également un rôle.
🌿 Une dernière chose
Après sept années passées à accompagner des personnes dans leur retour à l'emploi, puis mon évolution vers l'accompagnement psycho-corporel et les neuro-atypies, je crois de moins en moins à la question :
« Comment faire rentrer cette personne dans le monde du travail ? »
Et davantage à celle-ci :
« Comment permettre à cette personne de trouver une place professionnelle dans laquelle elle puisse réellement fonctionner, contribuer et durer ? »
Ce changement de perspective est essentiel.
Parce qu'un emploi retrouvé n'est pas forcément un emploi soutenable.
Et parce que l'objectif ne devrait pas seulement être de retrouver une place.
Mais aussi de pouvoir y rester sans devoir s'y perdre.
⚠️ À propos de cet article
Cet article propose une réflexion psychoéducative sur les parcours professionnels, les transitions et les neuroatypies. Il ne permet pas de déterminer les causes d'un parcours professionnel individuel et ne vise pas à attribuer chaque changement de métier à une neurodivergence.
🌿 Dans mes accompagnements, je travaille notamment autour de la compréhension du fonctionnement personnel, de la régulation, de l'estime de soi et des transitions professionnelles, en complément des dispositifs spécialisés d'orientation, d'insertion et de santé lorsque ceux-ci sont nécessaires.
💬 Et vous ?
Votre parcours professionnel ressemble-t-il plutôt à une ligne droite…
ou à un chemin avec beaucoup de détours ?
Et surtout :
qu'est-ce que ces détours vous ont appris sur vous ?