LA SURCHARGE SENSORIELLE

ruit, lumière, foule : pourquoi certaines stimulations deviennent-elles insupportables ? Découvrez le traitement sensoriel dans le TDAH et l'autisme.
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Une lumière trop forte, plusieurs conversations simultanées, une étiquette qui gratte, une odeur persistante ou le bruit d'un appareil électroménager...

Pour certaines personnes, ces stimulations sont simplement désagréables. Pour d'autres, elles peuvent devenir envahissantes, voire insupportables.

Elles peuvent provoquer une irritabilité soudaine, une envie de fuir, des difficultés de concentration ou un besoin urgent de s'isoler.

Ce phénomène mérite d'être compris : il ne s'agit pas nécessairement d'un manque de tolérance, mais parfois d'une particularité du traitement sensoriel.

1. Comment notre cerveau traite-t-il les informations sensorielles ?
Notre système nerveux reçoit en permanence des informations provenant de notre environnement et de notre propre corps.

Nous connaissons les cinq sens classiques :

👀La vision.
👂L'audition.
🤚Le toucher.
👃L'odorat.
👅Le goût.


Mais notre perception mobilise également d'autres systèmes :

La proprioception : perception de la position et des mouvements du corps.
Le système vestibulaire : équilibre et mouvements de la tête.
L'intéroception : perception des signaux internes comme la faim, la soif, la température ou les battements cardiaques.


Notre cerveau doit intégrer et organiser ces informations pour nous permettre d'agir et de nous adapter.

2. Les particularités du traitement sensoriel
Chez certaines personnes autistes ou présentant un TDAH, le traitement sensoriel peut présenter des particularités.

On retrouve notamment :

👉L'hyperréactivité sensorielle

👉Une réponse particulièrement intense à certaines stimulations : bruit, lumière, odeur, texture ou contact physique.

👉L'hyporéactivité sensorielle

👉Une perception moins marquée de certaines informations, nécessitant parfois des stimulations plus importantes pour les remarquer.

👉La recherche sensorielle

👉Un besoin de mouvement, de pression, de toucher ou de stimulations spécifiques pour maintenir un niveau de confort ou d'éveil.

Ces profils peuvent coexister et varier selon les sens, les moments et les environnements.

Une méta-analyse publiée en 2025 par Jurek et ses collaborateurs a examiné 30 études portant sur plus de 5 300 participants. Elle retrouve davantage de particularités sensorielles chez les personnes présentant un TDAH, notamment en matière de sensibilité, d'évitement et de recherche sensorielle. Les auteurs soulignent toutefois une forte hétérogénéité des études.

3. De la surcharge sensorielle à la saturation
Imaginez une journée de travail dans un environnement ouvert.

Votre téléphone sonne, plusieurs collègues discutent, une notification apparaît sur votre écran, une personne vous sollicite et vous devez simultanément terminer un dossier.

Chaque information demande une part de votre attention.

Lorsque les sollicitations s'accumulent, les capacités momentanées de traitement et de régulation peuvent être dépassées.

Cela peut entraîner :

👉Une augmentation de l'irritabilité.
👉Une difficulté à réfléchir.
👉Une fatigue cognitive.
👉Une envie de retrait.
👉Des réactions émotionnelles plus importantes.
Chez certaines personnes autistes, une surcharge importante peut participer à un épisode de crise ou de retrait. Ces manifestations ne sont cependant pas systématiques.

4. Identifier son profil sensoriel
Une première étape consiste à observer ses réactions.

Je conseille de tenir un petit journal sensoriel pendant quelques jours.

Pour chaque situation, noter :

👉L'environnement.
👉Les stimulations présentes.
👉Les sensations corporelles.
👉Les émotions ressenties.
👉Le temps nécessaire pour récupérer.
Cela permet progressivement de repérer les situations les plus coûteuses.

5. La petite minute de résilience : créer son environnement de sécurité
Quelques ajustements peuvent faire une différence :

👉Utiliser des protections auditives adaptées.
👉Prévoir des pauses dans un environnement calme.
👉Réduire les sources lumineuses agressives.
👉Choisir des vêtements et des matières confortables.
👉Anticiper les lieux particulièrement stimulants.
👉Alterner les périodes de sollicitation et de récupération.


La sophrologie peut également proposer des exercices de respiration, de mobilisations douces et de perception corporelle pour apprendre à reconnaître les premiers signes de tension.

Il est important de ne pas chercher à habituer systématiquement une personne à supporter des stimulations qui lui sont pénibles.

Pour conclure
Notre environnement n'est pas vécu de la même manière par tout le monde.

Comprendre son profil sensoriel, c'est cesser de se demander pourquoi on ne supporte pas certaines situations et commencer à chercher les conditions qui permettent de mieux vivre avec son fonctionnement.

Votre sensibilité n'est pas un défaut à corriger. Vos besoins méritent d'être entendus.

Références scientifiques
Jurek, L. et al. (2025). Sensory Processing in Individuals With Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder Compared With Control Populations: A Systematic Review and Meta-Analysis. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. DOI : 10.1016/j.jaac.2025.02.019.
Chen, Y. et al. (2024). A systematic review and meta-analysis of the relationship between sensory processing differences and internalising/externalising problems in autism. Clinical Psychology Review. DOI : 10.1016/j.cpr.2024.102516.
Scheerer, N. E. et al. (2024). Transdiagnostic Patterns of Sensory Processing in Autism and ADHD. Journal of Autism and Developmental Disorders.